jeudi 10 septembre 2015

Et Si On En Parlait...: Jugement de l'ancien dictateur tchadien Hissène Habré à Dakar (Sénégal)

Lundi 7 septembre, Hissène Habré a été amené de force à la reprise de son procès qui se déroule à Dakar. Après 45 jours d’interruption, l’ex-président du Tchad refuse toujours de parler aux juges des Chambres Africaines Extraordinaires (CAE)...

Un procès mouvementé. Vêtu d’un boubou et d’un turban blancs, Hissène Habré a comparu de force devant le parquet ce lundi 7 septembre. La décision a été prise par ordonnance par les Chambres Africaines extraordinaires (CAE), alors qu’il ne reconnaît ni cette juridiction spéciale ni ses avocats commis d’office. 
L’ancien dictateur tchadien est ainsi arrivé dans la salle 4 du Palais de Justice Lat Dior de Dakar, entouré des forces de l’ordre, en criant «organisme illégal, hors la loi» et «à bas l’impérialisme ! ».
Le président du tribunal, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam, a ensuite demandé que soit lues la liste des témoins et l’ordonnance de renvoi et de mise en accusation. Cette lecture a été perturbée par les interjections de l’accusé et l’expulsion de plusieurs de ses partisans, qui seraient des membres de sa famille selon le site d’information dakaractu.com.
La présidente du collectif des avocats des victimes, Jacqueline Moudeïna, a déclaré «si Hissène Habré décide à nouveau de choisir le théâtre, une telle attitude ne l’honnorera pas», avant d’ajouter que «cela n’arrêtera pas la justice». Une des parties civiles, Haoua Brahim Faradj, s’est, quant à elle, félicitée «de pouvoir parler devant Habré », lui qui «a été amené comme un enfant » devant les juges.
40.000 victimes
Dans un communiqué de presse, relayé par le quotidien sénégalais Le Soleil, les CAE ont annoncé l’audition à Dakar de 69 victimes et 23 témoins. Dix experts seront également entendus pendant le procès.
Hissène Habré est poursuivi par les CAE pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture. Son procès a débuté les 20 et 21 juillet, mais a été suspendu 45 jours afin que ses avocats prennent connaissance du dossier. L’ex-dirigeant du Tchad encourt 30 ans de prison ferme et des travaux forcés à perpétuité.
La répression du régime de Hissène Habré a fait 40 000 morts entre 1982 et 1990, selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne. Plus de 4 000 victimes directes et indirectes du dictateur se sont constituées partie civile pour son procès.
Source AFP

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