dimanche 28 juillet 2013

«Aziz Ndiaye est libre de disposer de son argent comme il veut… »

Pape Abdou Fall tire son bilan
Promoteur Pape Abdou Fall (PAF Productions)
Le promoteur Pape Abdou Fall, avec son franc-parler habituel, a reconnu que beaucoup reste encore à faire dans le milieu de la lutte pour taper dans l’œil des instances internationales. Les sponsors doivent étendre davantage leur champ d’action afin de permettre aux promoteurs de mieux quadriller ce sport qui évolue saison après saison...

 A l’endroit de ses pairs, le promoteur Gros Bras, mu par un élan fraternel, demande l’union des cœurs pour mener à bien la mission qui leur est dévolue. Pour Pape Abdou Fall, la saison 2012-2013 a été prolifique d’autant plus que sa structure PAF Productions a pu faire émerger d’autres jeunes champions.
Entretien
L’année dernière, à la même époque, lorsque vous faisiez le bilan de votre structure, vous disiez que la saison écoulée était finie en queue de poisson, est-ce le même constat cette année ?
Permettez-moi d’abord de présenter mes excuses à tous les Sénégalais, à tous les férus de lutte et à toutes les composantes de la lutte. J’ai également une pensée pieuse à l’endroit de tous les êtres qui nous sont chers et qui nous quittés. Ces gens ont passé de grands moments avec nous. Ils nous ont soutenus et encouragés. Je pense à Feu Armand Ndiaye, Mamadou Diagne et à bien d’autres qui étaient dans l’arène. Je n’oublie pas non plus ceux qui sont actuellement malades, cloués au lit. Que le Bon Dieu, dans sa miséricorde, les tirent de là afin qu’ils soient actifs comme nous. En ce mois béni donc, j’en appelle au raffermissement des liens entre frères, amis, parents et collaborateurs. Que la saison 2013-2014 soit la plus belle, la plus explosive pour nous tous. Mention spéciale au CNG. Cette structure dirigée par le Dr Alioune Sarr a fait un travail colossal et exemplaire. Sincèrement, je le soutiens, le félicite et l’encourage dans sa démarche et sa mission. Le bilan dépend des objectifs visés par chaque promoteur et surtout sur l’ensemble de l’activité portant sur la lutte. A Pape Abdou Fall Productions, je peux affirmer que la saison s’est déroulée sans heurt. Nous avons organisé des journées chaudes et pleines qui ont donné satisfaction aux férus de la lutte. A ce niveau, on ne peut vraiment pas dire que la saison s’est terminée en queue de poisson.
«PAF Productions a fabriqué des champions, cela veut tout dire»
Dans ce cas, pouvez-vous établir un bilan de votre structure ?
Le bilan porte toujours sur le volet financier. Pour moi, ce n’est pas vraiment l’objectif visé. C’est vrai que je n’ai pas encore décroché de gros sponsors, je n’ai pas encore organisé de très grosses affiches comme vous aimez à le dire, mais je trouve que ma structure fait son petit bonhomme de chemin avec tout de même des résultats probants. J’ai lu un de vos articles titré, «PAF a créé des champions». Cela veut tout dire. Nous sommes là. Nous travaillons et nous avançons. Cela est très important.
4 journées en 2011-2012 et 4 autres journées en 2012-2013, pourquoi cette constance ?
Pour bien travailler, il faut s’organiser de façon méthodologique car l’arène est devenue très serrée. Il y a actuellement beaucoup de promoteurs. La répartition des dates est également un casse-tête ainsi que le contexte de notre religion musulmane avec son corolaire de jours fériés. Dans le calendrier musulman, il y a des dates comme le Gamou, le Magal…etc. En somme, les fêtes religieuses jouent beaucoup. L’exemple le plus illustratif est la présente saison qui n’est pas encore à son terme, mais l’est virtuellement à cause du mois de Ramadan. Ainsi, nous avons perdu 25 jours qui font 4 semaines. 4 dimanches, 4 samedis ou 4 vendredis sont purement et simplement perdus. Ce sont les aléas qui nous ont quelque peu freinés, sinon notre volonté a toujours été de donner de la visibilité à nos partenaires et à nos sponsors qui nous supportent et de bien servir la lutte.
«D’autres comme Tigo, Doumboul, Modou Diakhaté 2 ont émergé»
Pourquoi le choix d’un championnat de lutte avec frappe (TOLAF) cette année ?
Ce championnat était important à plus d’un point. D’abord, il nous a permis de faire fonctionner la structure mais surtout à faire émerger d’autres noms comme Tigo, Doumboul, Modou Diakhaté 2 ainsi que Douze Ans. J’ai suivi ce lutteur lors de ses combats et je me suis dit qu’il n’a pas eu de chance avec ses adversaires, mais il reste un grand Monsieur. C’est un futur champion. Il lutte bien et si vous savez détecter la personnalité chez un individu, vous conviendrez avec moi que Douze Ans est un Monsieur qui s’impose. Bref, des jeunes de cette trempe, il nous appartient de leur permettre de se frotter les uns aux autres afin d’émerger eux aussi. Au niveau de Pape Abdou Fall, cela a été une première expérience qui a porté ses fruits. Nous avons reçu encouragements et félicitations.
Vous venez de magnifier la première édition du TOLAF, une deuxième édition est-elle en vue ?
Si vous analysez la structure PAF Productions, vous verrez que nous avons l’habitude de diversifier. On ne s’accroche pas sur une seule chose. Nous avons l’art de créer, d’innover et de laisser faire. Je ne dis pas qu’une deuxième édition n’est pas envisageable, mais je suis en discussion avec mon staff. Je veux parler de Lahat Ndiaye, Henry Ndiaye. Au cas contraire, nous allons créer autre chose. Nous en avons l’habitude. On l’a déjà fait avec la Nuit de l’arène. Nous n’aimons pas répéter les mêmes choses. Nous lançons une chose pour montrer qu’elle mérite d’être créée, d’être soutenue. Si les gens suivent et perpétuent la chose, c’est bien mais si les gens ne suivent pas, nous changeons et passons à autre chose. Les thèmes à développer dans l’arène ne manquent pas.
A quand l’organisation des chocs engageant les grosses têtes de l’arène comme Balla Gaye 2, Yékini, Modou Lô...?
Mais pourquoi pas ? Cela dépend du contexte et des opportunités qui s’offrent à nous. Ce sont des lutteurs à qui on verse des cachets et ils luttent. Je peux dire qu’ils font dans l’événementiel. Donc si on trouve des sponsors prêts à nous accompagner, la logique voudrait qu’on organise des chocs de cette envergure qui plaisent aux amateurs. Pape Abdou Fall Productions ne dit pas non. Nous attendons que les moyens soient disponibles pour nous engager à monter de telles affiches. Nous sommes dans l’arène et dès qu’il y aura une opportunité pour organiser ce genre de derby, je vous assure que nous sauterons sur l’occasion.
Quelles sont les perspectives pour 2013-2014 ?
Des combats ont été déjà ficelés. Khadim Ndiaye 1, le Boucher du Dimanche (écurie Thiaroye-sur-Mer) / Ablaye ndiaye (Ndakaru), le fils de Robert Diouf. Doumboul / Laye Bèye, Armée / Frazier, Bara Ndiaye / Diam Thierry. Et ce n’est pas encore bouclé, car outre ces 4 journées déjà calées, nous allons essayer de les renforcer avec des têtes d’affiches ou les laisser couler. Notre souci est d’être dans les délais.
«Aziz Ndiaye est libre de disposer de son argent comme il veut…»
Le collectif des promoteurs a volé en éclats, qu’est-ce qui l’explique ?
A travers votre question, permettez-moi de saluer mes collègues promoteurs. Ce sont des acteurs de développement.  Mais il faudra aussi dire qu’il n’y pas péril en la demeure car nous sommes tous des hommes d’affaires. Nous nous étions réunis pour défendre des intérêts et une cause. Différents points ont été soulignés. Malheureusement l’un d’eux a causé des divergences de vues. Il s’agit du problème des cachets. C’était une bataille générale dans l’intérêt de tous. Mais dans ce collectif, certains pensent qu’ils ont la possibilité de payer des cachets exorbitants aux lutteurs, il n’y a aucun problème. Il faut aussi souligner qu’Aziz Ndiaye n’est pas à l’origine de la hausse de cachets dans l’arène, mais plutôt Gaston Mbengue et Luc Nicolaï. Tous les deux avaient posé ce point comme un problème très sérieux. Ensemble, nous avions décidé de le défendre. Je prends le cas d’Aziz Ndiaye. S’il trouve qu’il peut payer un cachet plus élevé et que cela ne lui cause pas de dommage, qu’il le fasse. Nous ne devons pas nous y opposer car c’est son argent. Je vous renvoie à la chartre des Nations Unies. Les Hommes naissent libres et égaux. Aziz Ndiaye est libre de disposer de son argent comme il veut. Est-ce qu’on peut imposer à quelqu’un la manière de dépenser son argent ? Ce n’est pas possible. Nous avions voulu résoudre certains problèmes. Certains avaient parlé de faillite à cause de la flambée des cachets. Ils l’ont vécu. Je ne suis pas dans ce cas. C’était un collectif, d’où un combat commun pour une cause commune. Mais si, d’aucuns ont trouvé qu’ils ont les reins solides, rien ne s’y oppose. C’est très simple. Moi, je lance un appel à l’unité des cœurs de tous les promoteurs. J’ai vu des écrits sur le collectif des promoteurs. Mais il faut préciser qu’on peut être dans le collectif, mener ses activités sans pour autant empiéter sur le champ d’action de l’autre. Il y avait beaucoup de problèmes soulignés car il y a beaucoup de tares qui gangrènent l’arène. Ce n’est pas seulement cette histoire de cachets. Il ne faudrait pas se focaliser sur un seul volet du panel de problèmes déclinés et en faire un cheval de bataille. Nous ne voulons pas de cela car nous militons tous pour la promotion de la lutte. Le bon sens nous recommande de nous unir, nous mettre en ordre de bataille pour défendre ce sport-là.
Lors de son séjour à Dakar, M. Barack Obama a révélé qu’il regrettait de quitter le Sénégal sans avoir suivi un combat de lutte. Qu’est-ce cela vous inspire comme commentaire ?
La lutte existe partout. Permettez-moi de saluer le travail de Sunu Lamb car aujourd’hui, vous ne mesurez même pas l’impact de ce que vous faites. Je suis rentré des USA il y a à peine un mois. Mais partout où je passe, les gens ne parlent que de la lutte Sénégalaise. Avant même qu’Obama ne parle de la lutte, il y a l’ambassadeur des USA présent au stade Demba Diop lors d’un combat de lutte. Et l’ambassadeur des USA ne se déplace pas comme ça. Avant que le président ou l’ambassadeur ne se déplace vers un point, il y a la police fédérale qui est là. Et s’il y va, ça veut dire que c’est très important. Je me réjouis de travailler dans un secteur que le président le plus puissant du monde soutient. Cela m’encourage à m’y ancrer, à m’y investir et à y rester car c’est un sport qui mérite d’être soutenu. Ce qui est dommage, c’est qu’il y a certains députés, des élus de ce pays qui se sont permis de vilipender ce sport à l’Hémicycle. Il faut que ces gens sachent que c’est nous qui les avons installés là-bas. Leur rôle est de défendre les intérêts des Sénégalais. Si les promoteurs avaient abandonné ces lutteurs aux mains de l’Etat, ce serait une autre source de problèmes, car ils deviendraient des malfrats en puissance. Mais nous les occupons, nous les modelons et leur donnons quelque chose à faire. Tous les promoteurs ont leurs activités. Moi, j’ai mon travail à faire. Je pouvais laisser tomber ces lutteurs à cause des propos de ces députés. Et si on les écoutait, pouvaient-ils trouver des activités pour ces jeunes ? Il faut que les gens sachent raison gardée. Nous investissons notre argent sur ces jeunes qui n’ont rien à faire et qui sont parfois désespérés et ces élus du peuple sabotent. Mais ils sabotent également une activité héritée de nos parents, c’est notre Thiossane. Cela veut dire que les députés auteurs de ces sorties n’ont pas leur place à l’assemblée nationale. D’ailleurs parmi eux, nombreux sont ceux qui dorment lors des séances à l’assemblée nationale. On les voit à la télé. Il faut qu’on nous encourage et non le contraire. Certaines sociétés n’aident pas à soutenir ces lutteurs ; il faut que cela cesse. Ils doivent revoir leur position et aider au développement du pays qui passe aussi par ces jeunes lutteurs qui sont Sénégalais. Malheureusement dans ce pays, quand vous dites les choses comme elles sont, on vous combat. Je ne voudrais pas tomber dans ce débat. Certaines personnes arrêtent de mettre les uns contre les autres. Cela ne leur sert pas, le pays encore moins. C’est une perte de temps.
Votre dernier mot…
«Mention spéciale à tous les sponsors qui nous ont accompagnés»
Je remercie Sunu Lamb pour tout le travail fait. Il faut reconnaître que vous faites beaucoup pour la lutte. Du courage et bonne continuation. Je remercie aussi les férus de lutte. Que Dieu nous gratifie d’une saison de lutte 2013-2014 très intéressante. Que les sponsors viennent. Qu’ils se mettent du côté de tous ces braves promoteurs qui ajoutent quelque chose à l’humanité en aidant la jeunesse du pays, en propulsant le sport. Les sponsors jouent un rôle très important. Ainsi, ils doivent équilibrer leur apport et leur soutien pour qu’ensemble, nous construisions l’édifice qu’est le Sénégal. La CAF, la FIFA soutiennent le football, la FIBA soutient le basket, même si notre lutte n’est pas encore reconnue dans les instances internationales, n’empêche que nous Sénégalais détenons un bon produit dont on peut être fier. De grâce faisons le maximum pour aider la lutte ainsi nous aurons les reins plus solides pour continuer ce travail que nous faisons. Je lance donc un appel. Ensemble, il faudra œuvrer pour l’avancement de ce sport. Nous sommes tous des acteurs du développement et méritons le même respect, les mêmes égards pour réussir notre mission. Une fois de plus, Je remercie le Docteur Alioune Sarr et le CNG, mes pairs promoteurs, les amateurs, la presse. Mention spéciale à tous les sponsors qui nous ont accompagnés. Je les remercie de tout cœur. On compte encore sur eux pour la saison à venir car leur apport est de la plus haute importance pour réussir notre mission. Mention spéciale à mon staff, il s’agit de Lahat Ndiaye et Henry Ndiaye. Ils ont joué un rôle très significatif tout au long de la saison et je leur renouvelle encore ici ma confiance.

Par Mamadou KONÉ

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